Communiqué de presse – mercredi 17.02.2010

Vendredi 5 février, les enseignants du CPLN ont appris avec stupéfaction par un article paru dans l’Express et l’Impartial qu’une partie des étudiants et apprentis du CPLN serait transférée en 2011, au Locle, dans les bâtiments de l’Ecole d’ingénieurs. L’information a par la suite été relayée et complétée par la Direction de l’école et le Conseil d’Etat. La décision de ce dernier toucherait environ 250 élèves de l’Ecole technique (ET).
Lors de la rencontre des enseignants avec le Conseiller d’Etat Philippe Gnaegi, les réponses sont restées évasives : les arguments rationnels justifiant une telle décision (qui auraient éventuellement pu être de nature pédagogique ou économique) font défaut. L’élément déclencheur semble être la nécessité pour l’Ecole professionnelle commerciale (EPC) de retrouver un bâtiment, alors que l’on peut se demander si d’autres options immobilières ont été envisagées.
Les enjeux de ce débat dépassent largement le clivage entre le Haut et le Bas du canton, contrairement à ce qu’affirme le Conseiller d’Etat. Le transfert en question remettrait tout simplement en question le bon fonctionnement et la cohésion de l’école. De nombreux éléments mettent en évidence l’incohérence d’un tel déplacement :
  1. Ces dernières années, L’ET a fait beaucoup d’efforts pour consolider ses filières et développer des synergies internes et externes : fusion de classes de différentes filières, regroupement des écoles, collaboration avec les entreprises et les instituts de la place, etc.
  2. La population de l’école coïncide avec un bassin de recrutement principal basé sur le Littoral, le Val-de-Ruz et le Val-de-Travers. Il est évident que l’élève choisit son école en fonction de son lieu d’habitation. Un sondage réalisé auprès de 200 élèves confirme cette idée.
  3. Ce déplacement provoquerait des difficultés matérielles et financières considérables pour les élèves et leurs familles.
  4. A l’heure où M. Gnaegi appelle à la mobilité des élèves, le temps de trajet avec les transports publics actuels reste très important pour un très grand nombre d’entre eux (jusqu’à 2 heures par trajet). Relevons qu’il s’agit d’élèves qui se rendent à l’école tous les jours. Il est à noter que d’autres catégories de la population, ayant été sollicitées pour ce déplacement, ont balayé cette possibilité.
  5. En l’absence de transports en commun efficaces, le bilan écologique des déplacements par des véhicules privés serait lourd et contradictoire avec les objectifs de développement durable poursuivis par le Canton.
  6. Le dédoublement probable de laboratoires et d’une partie du matériel technique n’a pas été chiffré par le Conseil d’Etat et il pourrait s’avérer très élevé, ce qui va à l’encontre des préoccupations financières du Canton.
  7. Dans l’émission de Canal Alpha du 5 février 2010, il a été relevé que les premières études réalisées ne montrent pas un gain d’efficacité significatif.
Au vu de ce qui précède, la pertinence d’un tel projet peut sérieusement être mise en doute. Sa mise en œuvre porterait atteinte à l’excellence d’un centre de formation qui a fait ses preuves, et n’améliorerait en rien la situation de l’enseignement professionnel dans le canton.
L’avenir de cet enseignement mérite un débat approfondi et structuré entre tous les acteurs concernés.
 

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